Toute petite déjà, dans mes dessins et peintures d'enfant, j'étais constamment en quête de beauté et d'harmonie : chaque élément devait être à sa juste place, la taille des volumes et leur répartition dans l'espace de ma feuille devaient être les plus parfaites et les plus belles possibles.
Plus tard, quand j'ai décidé de faire de la photographie mon métier, mes parents se souvenaient : lorsqu'ils m'avaient confié leur appareil photo, les meilleures photos sur la pellicule (eh oui, c'était encore du temps de la photo argentique !), les mieux cadrées, c'était moi qui les avais faites.
Depuis mon passage à la photographie numérique, mes images sont l'aboutissement d'une longue suite de modifications de mon fichier brut : je déplace, supprime, agrandis ou rapetisse, par exemple, une partie d'un cours d'eau, un caillou ou une feuille ; j'élargis telle courbe, vais chercher dans un autre fichier un élément pour l'intégrer dans ma nouvelle image ... toujours avec ce même désir d'harmonie qui m'habite depuis mon enfance.
Dans ce sens - et à l'exception de mes portraits photographiques d'animaux bien sûr -, mes images sont en fin de compte plus proches de l'art digital que de la photographie.